Microbiologie et maladies infectieuses

L’enjeu de cet institut est de produire des avancées significatives grâce à l’amélioration de nos connaissances du monde microbien et de ses interactions avec les milieux.

Enjeux médicaux

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Interview de Jean-François Delfraissy, Directeur de l'ITMO Maladies infectieuses

Les maladies infectieuses et parasitaires sont la deuxième cause de mortalité dans le monde (environ 26 % de la mortalité globale, soit 17 millions de décès par an). Elles frappent inégalement les pays selon leur localisation géographique et leur niveau de développement.

 

Le monde animal est une source importante de maladies infectieuses pour l'homme : sur plus de 1 400 agents pathogènes connus, environ 60 % sont d’origine animale. Les animaux sont à l'origine de près des trois quarts des agents responsables de pathologies humaines considérées comme émergentes ou ré-émergentes. Le développement de ces zoonoses illustre la nécessité d’améliorer nos connaissances sur la compréhension des mécanismes de franchissement de la barrière inter-espèces.


D’autres infections peuvent également être meurtrières (shigellose, choléra, rougeole, pathologies respiratoires virales, paludisme, sida), et des pathologies chroniques, comme certains cancers, pourraient aussi avoir pour origine des agents infectieux, en particulier viraux.


Enfin, les maladies nosocomiales (infections liées aux soins) touchent près de 5 % des patients hospitalisés. Un tiers d’entre elles pourrait être évité.

 

Enjeux scientifiques

Les avancées technologiques dans le domaine de la génomique ont profondément modifié notre connaissance du monde microbien et des interactions hôtes-pathogènes. La recherche française sur les maladies infectieuses et parasitaires doit aujourd’hui affronter plusieurs défis.

Le déchiffrement du microbiome humain

Il concerne l’ensemble des gènes des espèces bactériennes vivant en symbiose avec l’homme. Ce métagénome renvoie à un univers encore inconnu et d’une très grande complexité.

L’émergence, la ré-émergence et la gestion des risques sanitaires

Son enjeu majeur est l’analyse des microbes émergents et la meilleure individualisation des pathogènes potentiels.

Les infections virales chroniques (VIH et hépatites)

Elles exigent encore de nombreux développements, par exemple : l’évaluation des traitements, l’amélioration de la qualité de vie des patients, le développement de nouvelles stratégies de prévention, la mise au point de nouveaux vaccins…

La multirésistance aux anti-infectieux

Ses enjeux de recherche portent autant sur la compréhension des mécanismes biologiques de résistance que sur l’innovation diagnostique, thérapeutique ou prophylactique.

Les infections nosocomiales

Elles circonscrivent des priorités comme le suivi de la morbidité et de la mortalité, la performance des systèmes de surveillance ou encore l’évaluation des différentes stratégies de maîtrise et de prévention.

La vaccination et les politiques publiques

Elles rencontrent des difficultés croissantes et appellent l’évaluation du bénéfice épidémiologique, des éventuels effets secondaires ou encore du rapport coût-efficacité.

La coopération avec les pays du Sud

Elle concerne le développement de nouveaux produits, mais aussi la production et la distribution de médicaments efficaces dont la fabrication a été abandonnée, ou bien dont les thématiques sont délaissées par l’industrie pharmaceutique pour cause de non-rentabilité.


Directeur : Jean-François Delfraissy

Directrices adjointes : Evelyne Jouvin-Marche, Bernadette Murgue

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